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Elle, ce bateau

Elle, ce bateau
J'attends, au bord de la plage. Je suis étendu sur le sable, je regarde le ciel et ses gardiens laineux. Je rêve, repense à mon ancienne vie et surtout à ce jour où tout s'est fini. Je partis en direction du port, pris un bateau et m'enfuya, le plus loin possible pour oublier. Deux jours plus tard, je me retrouve seul sur cette île qui, en fait, m'y fait penser sans arrêt car je n'ai plus que cela pour m'accrocher à l'existence, maudite île, maudit bateau, maudit manque d'essence, maudite vie. Alors je passe le temps, espérant voir une coque ou un avion désespérement. La nuit passe, l'espoir trépasse. Je me lève de bonne heure, cours sur la plage et attends, scrutant l'horizon. Que c'est calme, pas comme ma vie c'est derniers temps, pas une seule vague. Je pense à mon futur où je la reverrai, la prendrai dans mes bras, mais je sais que ce futur n'existera plus. A chaque instant, j'espère entendre le bruit d'un souffle, d'un moteur, celui qui m'emmènera loin, loin du monde, du quotidien et des soucis vers un monde où l'on ne sait pas si le mot "regret" prend un "r" ou deux. Je me lève et vais vers l'océan infini. Il est lucide et accueillant, comme elle l'était. Le crépuscule se réveille, remplaçant le jour. Il se fait tard, je suis fatigué mais je n'arrive pas à dormir, je n'y arrive plus. Je regarde les étoiles, essayant de la retrouver, mon étoile qui a illuminé mes jours et même mes nuits et attends le moment ou je marcherai sur le pont du bateau, elle à son bord. Voila, c'est mon quatrième jour, il fait beau, je garde espoir. Tout à coup, le bruit d'un avion retentit. J'allume le feu que j'avais prévu à cette effet. Ce feu que j'aurais bien voulu lui déclarer. L'avion s'approche mais continue sa route, feignant l'indifférence, comme elle. Je reste debout, coi, l'adrénaline est redescendu, a sombré. La fumée s'est dissipée comme pour mieux permettre d'y réfléchir, les cendres ont refroidi. Je me recouche en pleurs. Je regarde le coucher du soleil et m'endors, une nouvelle nuit de cauchemards. Mes pieds sont mouillés, la marée était montée durant la nuit, prévisible pas comme elle. Les journées passent, les semaines défilent. Je suis toujours sur cette terre coupée du monde. Je suis maintenant âgé et comme chaque matin, depuis des années, je me lève et cours sur la plage, regarde l'océan vide m'assieds et attends ce bateau qui me sauvera du passé, j'attends qu'il vienne, qu'elle revienne. Et comme chaque soir, je rentre dans ma cabane de bois, regarde sa photo, m'endors et rêve d'elle.



Il ne faut pas vivre dans le passé mais aller de l'avant, essayer d'oublier ces cicatrices qui nous y rattachent, prendre les rênes mais surtout ne pas fuir.
----people always try to improve
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# Posté le dimanche 26 avril 2009 13:24

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